Un auto-entrepreneur affilié à la Sécurité sociale des indépendants ne bénéficie d’indemnités journalières qu’après une année complète d’affiliation. Certaines activités, comme les professions libérales relevant de la CIPAV, sont exclues de ce dispositif. Le délai de carence s’applique dès le premier arrêt maladie, même en cas de rechute. Les démarches doivent impérativement être effectuées dans les 48 heures, sans quoi l’indemnisation peut être refusée ou retardée. Les montants versés dépendent du chiffre d’affaires déclaré, avec un minimum requis pour ouvrir les droits.
Arrêt maladie et auto-entrepreneur : ce qu’il faut savoir
Prendre un arrêt maladie quand on est auto-entrepreneur, ce n’est pas s’offrir un doux break, mais plutôt s’engager dans un parcours balisé de conditions strictes. Ici, pas de fiche de paie ni de congés acquis : tout repose sur son statut social et le chiffre d’affaires réalisé. La sécurité sociale des indépendants a instauré sa propre logique : obligation d’une année complète d’affiliation avant d’espérer le moindre euro d’indemnité. Pour ceux qui se lancent, la chute peut être brutale.
Pour prétendre à une indemnité journalière, mieux vaut avoir généré assez de revenus sur les douze derniers mois. En 2024, il faut atteindre un plancher fixé à 4 113,60 €. Pas de miracle en dessous. Et ce n’est pas fini : certaines professions libérales affiliées à la CIPAV (comme architectes, consultants ou coachs) sont encore exclues du dispositif. Ils cotisent, mais restent à la porte du système lorsqu’ils tombent malades. La frustration n’est pas rare.
Dès les premiers symptômes, une seule solution : consulter rapidement, obtenir un arrêt de travail et transmettre l’avis à la caisse primaire d’assurance maladie dans les 48 heures. Le moindre retard ou oubli complique la procédure et peut priver d’indemnité. Le dépôt du dossier peut se faire en ligne ou par courrier, il impose d’être rigoureux et attentif à chacune des démarches.
Connaître précisément ses droits, savoir quand et comment justifier chaque étape de l’arrêt, voilà la réalité du micro-entrepreneur. Aucun répit administratif, mais c’est le prix à payer pour maintenir ses revenus en cas de coup dur et veiller à ne pas voir son activité sombrer.
Quels sont vos droits en cas d’arrêt maladie ?
Le mythe d’une protection automatique pour tous les indépendants ne tient pas une seconde. Pour un auto-entrepreneur, les droits en cas d’arrêt maladie dépendent du régime social de rattachement et surtout du chiffre d’affaires réel des douze derniers mois. Rien ne se fait sans remplir les conditions précises de la sécurité sociale des indépendants.
Première exigence : avoir déjà cotisé un an sans interruption. Pas d’ancienneté, pas d’indemnités journalières. Il faut ensuite que le revenu annuel moyen atteigne ou dépasse 4 113,60 €. Ceux qui franchissent ce seuil obtiennent une indemnité, comprise entre 6,26 € et 60,26 € par jour, variable selon l’activité et les chiffres déclarés.
Impossible de généraliser : les professions libérales affiliées à la CIPAV sont exclues du dispositif pour l’arrêt maladie (sauf maternité ou paternité). Certaines professions, même non réglementées, peuvent bénéficier de la couverture, mais d’autres se heurtent à un rideau fermé. Se renseigner précisément sur sa catégorie reste la seule façon d’éviter les mauvaises surprises.
Certains choisissent de compléter cette couverture minime avec une assurance prévoyance privée ou une mutuelle. Cela permet d’élargir la protection, particulièrement en cas d’affection de longue durée (ALD). Pour les congés maternité ou paternité, le contexte diffère et des mesures dédiées s’appliquent.
| Statut | Droit à indemnités journalières |
|---|---|
| Micro-entrepreneur affilié SSI | Oui, sous conditions de seuils |
| Profession libérale CIPAV | Non (hors maternité/paternité) |
Les droits peuvent évoluer, se restreindre ou s’étendre selon la régularité de vos déclarations et votre bonne foi auprès de l’assurance maladie. Rester vigilant sur ce point fait souvent toute la différence.
Les démarches à effectuer pour obtenir vos indemnités journalières
Tout démarre par une prescription médicale délivrée par un praticien habilité. Ce sésame, l’arrêt de travail, doit être transmis à la caisse primaire d’assurance maladie dans les deux jours. Sans respect de ce délai, l’accès aux indemnités journalières peut tout simplement disparaître.
Pour que l’administration réponde favorablement, il est primordial de transmettre un dossier complet : du numéro SIRET au code d’activité. Ensuite, la caisse primaire d’assurance maladie contrôle la situation auprès de l’URSSAF et s’assure que le revenu d’activité annuel colle à la réalité déclarée.
Pièces à fournir
Les justificatifs suivants sont à prévoir pour monter un dossier solide :
- Formulaire d’arrêt de travail rempli correctement
- Relevés de revenus sur l’année passée (déclarations URSSAF, avis d’imposition)
- Relevé d’identité bancaire (RIB)
Le délai de carence applicable pour ce régime est de trois jours. À compter du quatrième jour, les indemnités journalières commencent à être versées, toujours sous réserve d’éligibilité. Point de vigilance : exercer une quelconque activité professionnelle durant un arrêt interrompt directement tout versement. Précision et rapidité dans la transmission des documents évitent bien des déconvenues.
Comprendre le calcul et les conditions pour toucher vos indemnités
Le paiement de l’indemnité journalière n’arrive jamais par hasard. La sécurité sociale des indépendants se base sur le revenu d’activité annuel moyen des trois dernières années. En 2024, il faut générer au moins 4 113 € après abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon la nature de l’activité) pour avoir le droit à une indemnisation.
Le mode de calcul est strict : on calcule le revenu annuel moyen, l’abattement s’applique, puis le tout est divisé par 730. Résultat : le plafond de l’indemnité atteint 60,26 € par jour, le montant minimum s’établit à 6,60 €. Chaque versement est directement diminué de la CSG-CRDS.
Impossible de passer à côté du délai de carence : il est de trois jours, les paiements débutant au quatrième. Le dispositif prévoit une indemnisation pouvant aller jusqu’à 360 jours répartis sur trois ans, sauf si l’arrêt est lié à une affection de longue durée (ALD), où la couverture peut durer trois années d’affilée.
Le contexte change si l’arrêt de travail est causé par une grossesse pathologique ou une affection de longue durée : des dispositions sur-mesure entrent alors en scène. Pour les membres de la CIPAV, le système diffère encore, chaque statut nécessitant de consulter sa situation précise et l’historique de ses cotisations.
Au fond, chaque arrêt maladie se transforme pour l’auto-entrepreneur en épreuve administrative, où l’anticipation, la compréhension des règles et parfois l’appui d’un conseiller déterminent la suite. Tant que les lois restent figées, mieux vaut connaître la partition par cœur, car le moindre faux pas peut coûter cher sur la route de la protection sociale.


