Combien gagne un maire dans une grande métropole et pourquoi les écarts sont si forts ?

8 650 euros bruts. Ce n’est pas le salaire d’un PDG du CAC 40, mais la rémunération affichée pour la maire de Paris en 2025. À Lyon ou Marseille, le chiffre tombe à 7 400 euros. Sur le papier, un plafond s’impose partout en France. Pourtant, chaque conseil municipal conserve la main pour majorer ou réduire l’indemnité, et c’est là que tout se complique.

Une réforme attendue pour 2026 viendra sans doute gommer quelques disparités. Mais rien n’effacera totalement les différences liées à la taille de la commune, au statut particulier de certaines collectivités ou aux choix assumés par les élus locaux. Autrement dit, la rémunération des maires des grandes villes reste le miroir des stratégies politiques et budgétaires de chaque territoire.

Ce que gagnent vraiment les maires des grandes métropoles en 2025 : chiffres, barèmes et réalités

Impossible d’y voir clair sans s’appuyer sur les chiffres précis. À Paris, Lyon et Marseille, la loi fixe le plafond de l’indemnité brute mensuelle à 8 650 euros en 2025 (indice brut 1027). Pour les autres grandes métropoles dépassant 100 000 habitants, le maximum s’arrête à 7 425 euros bruts mensuels, sous réserve que le conseil municipal ait voté la majoration la plus élevée.

La différence de population entre une capitale régionale millionnaire et une ville de 120 000 habitants pèse lourd : l’écart dépasse 1 000 euros de plus chaque mois pour le maire. À noter : ces montants ne couvrent que l’indemnité de fonction, avant prélèvements sociaux et impôt sur le revenu. Au final, un maire de Paris ou de Lyon touche entre 6 000 et 6 800 euros nets par mois, une fois toutes les cotisations déduites.

Mais dans les faits, toutes les municipalités ne suivent pas la même logique. Parfois, la prudence budgétaire ou la volonté d’afficher une certaine sobriété politique pousse à fixer une indemnité inférieure au plafond. Les adjoints et les conseillers municipaux, eux, disposent de leur propre grille, avec des montants nettement plus modestes que ceux du chef de l’exécutif local. Autant dire qu’il existe autant de réalités que de conseils municipaux : la grille officielle reste une base, pas une fatalité.

Conseil municipal en discussion animée dans une salle moderne

Pourquoi d’importants écarts d’indemnités existent et ce que les réformes prévues pourraient changer

Pourquoi un maire de grande ville ne touche-t-il pas toujours le maximum ? La réponse se trouve dans la législation : le Code général des collectivités territoriales laisse aux élus la liberté de fixer l’indemnité exacte, dans la limite du plafond. Résultat, la taille de la ville, le contexte politique et la santé des finances locales influent directement sur la paie du maire. À Paris et Marseille, la majoration maximale est devenue la norme ; à Lille, Lyon ou Toulouse, ce n’est pas systématique. Un même mandat peut donc donner droit à des sommes très différentes selon la ville.

Un autre paramètre pèse dans la balance : le cumul de mandats. Un maire qui préside aussi une intercommunalité ou siège au conseil métropolitain peut additionner plusieurs indemnités. Un plafonnement global limite ces cumuls, mais le montage reste complexe et nourrit les inégalités. À cela s’ajoutent les cotisations sociales, la CSG, l’impôt sur le revenu, sans oublier la retraite complémentaire (IRCANTEC, FONPEL) qui ponctionne encore la rémunération nette.

Depuis 2023, le statut des élus locaux fait l’objet de discussions. Plusieurs pistes sont évoquées : rehausser le minimum d’indemnité, harmoniser les plafonds, mieux prendre en compte le temps consacré au mandat. La sécurité sociale et la retraite des maires pourraient aussi être mieux garanties. Mais, entre ambitions affichées et arbitrages budgétaires, rien n’assure que la prochaine réforme aplanira toutes les différences. Les marges de manœuvre restent étroites, et la pression sur les finances communales pèse toujours plus lourd.

Finalement, la rémunération d’un maire de grande métropole n’est jamais un simple chiffre. Elle dit tout d’un territoire, de ses moyens, de ses choix, et des équilibres politiques locaux. Derrière chaque indemnité, il y a une histoire de ville, de priorités, et parfois, de renoncements.

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